samedi 18 avril 2015

Interview de Florent Boffard - Pianiste

Festival Messiaen : Depuis combien de temps vous intéressez vous à la musique ?

Florent Boffard : J’ai débuté l’apprentissage du piano à l’âge de 5 ans et demi. C’est mon père qui a commencé mon éducation musicale puis très vite, vers l’âge de 11ans, j’ai poursuivi de manière autonome. Pour moi c’était une évidence, je ne pouvais pas m’arrêter.

FM : Par quelles écoles et/ou conservatoire êtes-vous passé ?

FB : Au début, c’est mon père qui m’a appris le piano, puis un professeur de la ville de Lyon. Je suis très vite entré au conservatoire de Lyon et à celui de Paris dans lequel je suis resté jusqu’à l’âge de 22ans.

FM : Etes-vous particulièrement attiré par la musique contemporaine ?

FB : J’ai été membre de l’ensemble inter-contemporain pendant 12ans. Il a été créé et dirigé par Pierre Boulez. Au départ j’y suis allé par curiosité, puis je m’y suis investi à 100%. A partir de là et suite à mes études, la musique contemporaine m’est apparue comme une évidence.

FM : Pour quelles raisons ?

FB : La musique contemporaine a toujours fait partie de mon répertoire. De plus, c’est plus simple de se rapprocher d’une musique  qui est en relation avec notre temps. On peut rencontrer les artistes qui ont fait naitre et vivre ce mouvement, on peut leur poser des questions, ça nous aide à mieux nous imprégner de la musique.

FM : Pourquoi avoir choisi d’enseigner ?

FB : Tout d’abord j’ai commencé par enseigner le déchiffrage des partitions pendant 12ans à Paris puis le piano au CNSM de Lyon. C’est pour moi bien plus qu’un métier, c’est une passion. L’enseignement, surtout en musique est avant tout un partage. J’ai la chance de travailler au CNSM de Lyon, je suis donc face à des étudiants de talent et qui ont un niveau très élevé. C’est donc un travail aller-retour qui s’effectue. Je leur enseigne ce que je sais tout comme eux m’apportent énormément. On dialogue et lorsque l’on n’est pas d’accord, c’est un débat qui se met en place, dans lequel l’étudiant ou le professeur en ressort toujours grandi.

FM : Aimez-vous être sur scène ? Préférez-vous enseigner ou faire des concerts ?

FB : Ces deux activités sont complémentaires. Je ne pourrai pas me passer ni de l’enseignement ni de la représentation.

FM : Avez-vous déjà composé ?

FB : Non, et pour être honnête je n’envisage pas de le faire un jour. Le piano est une passion mais je ne pense pas arrivé un jour à composé à l’égal de ces grands compositeurs que sont Pierre Boulez ou Messiaen. J’ai beaucoup trop d’humilité pour composer.

FM : Lorsque vous jouez sur scène, ressentez-vous quelque chose de particulier ? Avez-vous le sentiment d’être investi d’une mission, de réaliser les intentions du compositeur ?

FB : Lorsque l’on a le rôle d’interprète, on livre une traduction musicale de l’œuvre. C’est un partage qui se fait entre nous, le public et le compositeur lui-même. C’est un moment de réel plaisir, c’est riche et valorisant de se dire que l’on est capable de retranscrire l’œuvre d’un grand maitre. Parfois il arrive que l’on ne soit pas en phase avec le compositeur. Mais la musique est un apprentissage de longue haleine, c’est le travail d’une vie…

FM : Quelle est la part d’inné et la part d’effort dans la réalisation d’une interprétation ?

FB : On ne peut pas dire qu’il y ai vraiment une part d’inné, c’est une intention cultivé, on apprend au fil des années, on a une part d’assimilation qui nous permet d’aller plus vite à l’essentiel.
L’effort est une évidence, une interprétation nécessite un travail fastidieux et long. Il faut comprendre et digérer les œuvres pour pouvoir les interpréter correctement.

FM : Qui sont vos références ? pourquoi ?

FB : J’ai beaucoup de références, notamment les professeurs qui m’ont accompagné durant mon apprentissage : Germaine Mounier, Jean Koerner, Pierre Boulez etc.
Bien sur Messiaen tient un rôle majeur. C’est un géant de la musique contemporaine qui a composé un répertoire incontournable pour piano.

Vous pourrez retrouver Florent Boffard sur la scene du Festival Messiaen au Pays de la Meije le dimanche 19 juillet à 17h
Propos recueillis par Margaux Brisson

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