mercredi 18 mai 2016

Interview de Malika Yessetova, violoniste au CNSMDP

Cette semaine, le festival Messiaen au Pays de la Meije va s'intéresser à la violoniste du CNSM de Paris, Malika Yessetova. Elle participera, accompagnée de ses collègues, au concert du samedi 30 juillet à 17h. Elle y interprétera des oeuvres de Kurtag, Amy, Louvier et Debussy. Vous pouvez retrouver le programme complet du concert, ainsi que la réservation des places en cliquant sur ce lien.
Voici une brève présentation de cette jeune artiste :

Née au Kazakhstan de parents musiciens, Malika étudie le violon à Riga, à Kiev, et à Paris tout d'abord à L'Ecole Normale de Musique A.Cortot dans la classe de Devy Erlih où elle achève son brillant parcours avec deux  Diplômes Supérieurs de Concertiste de Violon et Musique de Chambre à l'unanimité puis au CNSMDP où elle obtient son diplôme de Master dans les classes de Svetlin Roussev et de Jean-Jacques Kantorow. Aujourd’hui elle y suit la formation diplômante à la pédagogie et le 3e cycle pour le répertoire contemporain et la création (DAI) dans la classe de Hae Sun Kang.

Voulant sans cesse repousser ses limites  artistiques, elle se passionne en particulier pour la musique contemporaine surtout dans le répertoire pour violon seul et de musique de chambre.
Elle a participe à l’Académie du Festival de Lucerne en 2011, 2012, 2013, à ManiFeste 2014 de l’IRCAM et Festival Messiaen  2012, 2015 et 2016.
Elle joue avec IRCAM dans des projets de musique mixte, notamment Anthèmes 2de P. Boulez, Double bind? de U. Chin et Tensio de Ph. Manoury.
Elle a la chance de travailler avec de très grands chefs, compositeurs, les musiciens de l'Ensemble Intercontemporain. Elle crée constamment des pièces pour violon seul ou en musique de chambre.
Depuis 2013/2014 Malika joue régulièrement à l’Orchestre de Lauréats du Conservatoire et à l’Orchestre de Chambre Nouvelle Europe. Elle a été amenée à jouer très récemment avec l’ensemble Linéa, l’Ensemble Interconteporain, l’ensemble Diagonal.  Malika est depuis 2015 violon solo de l’ensemble Les Possibles qui expérimente de nouveaux répertoires, lieux et formats de concert, mêlant les genres et les arts afin de rendre unique chaque expérience d’écoute.
Malika joue le violon dit «Le Parisien» d’Isabelle Wilbaux et de Martin Héroux, prêté par le Mécénat Musical Société Générale.

- L'invitation au festival Messiaen est-elle importante pour vous, quel est votre sentiment quant à la participation à cet événement ?
Evidemment c'est très important pour moi, pour nous. C'est un Festival de musique contemporaine emblématique, célèbre au-delà des frontières françaises. Chaque année il y a beaucoup de  belles créations, de projets très ambitieux. Ici on expérimente, mais avec un haut degré d'exigence esthétique. On a la possibilité de croiser ici de grands compositeurs, de grands interprètes, des acteurs de notre milieu, d'échanger, d'apprendre d'eux. Le cadre est magnifique, le public chaleureux.



- Effectuez vous des représentations en dehors du cadre scolaire, et que vous apporte cette pratique ?

Il faut dire tout d'abord qu'en DAI contemporain (Diplôme d'Artiste Interprète contemporain et création), nous n'avons pas d'examens ou autres obligations purement académiques. On nous considère comme de jeunes professionnels, fleurons de l'institution, qui ont appris les bases du métier et sont là pour aller plus loin. Nous donnons beaucoup de concerts organisés par notre professeur Hae Sun Kang,  le CNSM et leurs divers partenaires. Ainsi on a pu partir pour donner des concerts à Milan, à Montréal, à Monaco, à Manchester, à Barcelone,  ici bien sûr....A chaque fois c'est une aventure humaine et musicale. Nous  apprenons  à inventer, proposer, expérimenter, à être plus libre sur scène. Nous n'avons pas de "cadre". Je joue bien évidemment aussi en dehors des projets du CNSM.


- Quel est votre cursus, est qu'est-ce qui vous a dirigé vers l'étude de la musique contemporaine ?


Je viens d'une famille de musiciens et dès mon plus jeune âge je vis avec ma tante qui est musicologue, pianiste, critique musicale, animatrice d'émission télé et radio sur la musique, secrétaire adjointe de l'Union des Compositeurs au Kazakhstan. Dès ma tendre enfance je suis en contact avec la musique de notre temps que jusqu'à assez récemment je détestais, parce que premièrement  j'ai fait mes classes et toute ma technique sur le répertoire classique et deuxièmement le répertoire 20ème est dirais-je mentalement et physiquement complexe, or le violon classique c'est déjà assez compliqué en soi.  
Mais j'ai lentement évolué tout d'abord grâce à mon professeur feu Devy Erlih, un immense violoniste (et gendre d'André Jolivet) qui à 80 ans passées connaissait entre autres plus de répertoire contemporain mieux que la quasi totalité des jeunes violonistes et professeurs.
Puis une fois par pur hasard j'ai rencontré Jeanne Marie Conquer (violon solo de l'Ensemble Intercontemporain) dans le couloir du CNSM et qui m'a proposé de venir à Lucerne Festival Academy en remplacement "pour passer 3 semaines d'été au bord du lac". Ce n'étaient pas des  vacances, mais un véritable choc musical, car j'ai pu jouer sous la direction de Pierre Boulez et de Peter Eötvös, côtoyer les musiciens de l'EIC. Je n'aurais jamais cru qu'il était possible de s'amuser sur scène en jouant du Stockhausen! Depuis je joue autant que je peux de la musique  20ème et contemporaine.


- Et quelles sont les œuvres qui vous ont le plus marqué ?

Vous savez dans Cadences il y a toujours ce genre de questions "Votre couleur préférée?", "Votre bruit préféré", "Partition que vous emporterez sur une île déserte", etc et pour ma part je ne pourrais pas y répondre, car il y en a tellement qui ont influencé, construit mon identité artistique comme la Sequenza VIII de Berio pour violon ou le Soleil des Eaux de Boulez, qui sont des chefs-d'œuvre à la fois modernes et intemporels. 


- Quelles sont vos ambitions à l'avenir ?

Susciter, assister à la genèse et créer de nouvelles partitions pour violon, participer à des projets fous, voyager, rencontrer des musiciens et artistes de divers horizons. Bref vivre en musique, par la musique et pour la musique.


Nous remercions donc Malika Yessetova d'avoir accepté de donner cette interview, et nous vous retrouvons dans les semaines à venir pour plus d'articles sur les coulisses du festival Messiaen au Pays de la Meije !


dimanche 17 avril 2016

Interview de Antonio Garcia Jorge, saxophoniste au CNSMDP de Paris

Cette semaine, nous nous intéressons à Antonio Garcia Jorge, saxophoniste au CNSM de Paris. Il interprétera des oeuvres de Kurtag, Amy, Louvier et Debussy sur la scène de l'Eglise de La Grave le samedi 30 juillet 2016 au Festival Messiaen au Pays de la Meije. Vous pouvez d'ailleurs réserver vos places en cliquant ici.
 
En 2013 et 2014, Antonio García Jorge se distingue dans de nombreux concours internationaux, remportant trois premiers prix. Ses succès l’emmènent jusqu'en Chine où il donne en Novembre 2015 un récital et des masterclasses à l'auditorium Xi'an. Il est boursier de l'Institut de la Jeunesse du Ministère Espagnol et remporte le prix d'interprétation du Collège de l'Espagne de Paris ainsi que la bourse de la fondation Meyer lui permettant l'enregistrement d'un disque en février 2016 au CNSMDP, sur le thème de la musique espagnole pour saxophone. 
Intéressé par la création musicale et le travail avec les compositeurs de son temps, Antonio collabore à l'IRCAM de Paris et travaille avec des compositeurs comme Fredy Vallejos, Joan Magrané, José Manuel López López, Gilbert Amy et Luis Naon. Il réalise des concerts en tant que soliste avec l'Ensemble de Saxophones du Conservatoire de Versailles, l'Orchestre du CNSMDP, l'Orchestre d'Harmonie de la Ville de Nice, l'Orchestre d’Harmonie “Unión musical Segoviana”, le Kammart Ensemble et l'Orchestre National de l'Andorre. Également attiré par le jeu dans l'orchestre, il collabore régulièrement avec l'Orchestre Symphonique de la Castille et du Léon (OSCyL) et s'est produit au sein de l'Orchestre du CNSMDP dans la grande salle de la Philharmonie de Paris.

Après avoir obtenu son Master au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris dans la classe de Claude Delangle, Antonio intègre dans le même établissement le troisième cycle (DAI) de musique contemporaine et création. Parallèlement, il y suit un Master de musique de chambre dans la classe de David Walter avec la formation qu'il a co-fondé et avec laquelle il s'est produit dans l'émission "Génération Jeunes Interprètes" et “Alla Breve” de France Musique, le Quatuor Yendo. Antonio est professeur de saxophone au Conservatoire "Oliver Messiaen" à Saint-Maurice (Paris).
 
 
 
- L'invitation au festival Messiaen est-elle importante pour vous, quel est votre sentiment quant à votre participation à un tel événement ?

Le festival Messiaen au Pays de la Meije est un festival de référence de la musique contemporaine. Je suis ravi de pouvoir faire partie de sa programmation pour 2016.
La musique contemporaine est un élément basique dans notre répertoire; montrer le saxophone au grand public à travers la musique de Gilbert Amy me rend heureux et je suis fier de cette invitation, mais en même temps j'ai un grand sentiment de responsabilité.

- Effectuez vous des représentations en dehors du cadre scolaire, et que vous apporte cette pratique ?

Je me produis d'une manière régulière en concert en dehors du cadre scolaire. Je fais partie d'un quatuor de saxophones (Quatuor Yendo: www.yendoquartet.com) avec lequel je fais des concerts, je dois remarquer notre passage sur Radio France (émission Jeunes Interprètes et Alla Breve) et le projet d'enregistrement qui aura lieu en été 2016 au tour des Dances Espagnoles d'Enrique Granados et une commande qu'on a fait au compositeur argentin Luis Naon.
À part ça, je me produis avec le pianiste Alexis Gournel avec lequel j'ai fait des concerts à Madrid, Paris, Xi'an (Chine)... Nous allons enregistrer un CD en octobre 2016 au tour de la SONATE, avec des pièces originales et des transcriptions.
D'autre part j'ai fait partie de la programmation de divers festivals de saxophone ou j'ai eu l'opportunité de jouer en soliste dans des orchestres.

- Quel est votre cursus, est qu'est-ce qui vous a dirigé vers l'étude de la musique contemporaine ? Et quelles sont les œuvres qui vous ont le plus marqué ?

Comme j'ai dit avant, la musique contemporaine est un élément basique dans le répertoire de saxophone. Dans mon parcours j'ai toujours essayé de travailler un répertoire éclectique avec des transcriptions et avec de la musique du répertoire "traditionnel" pour saxophone, mais je défends aussi la création et le répertoire contemporain pour mon instrument.
Le travail des pièces de Berio (Sequenzas) et Le dialogue de l'Ombre double de Pierre Boulez m'a vraiment marqué en tant qu'interprète. Mais le travail qui m'a le plus marqué est le travail direct avec les compositeurs : pendant mes années au CNSMDP j'ai eu la chance de travailler avec des compositeurs comme José Manuel López-López, Gilbert Amy... mais aussi la création de deux pièces: VIA pour saxophone soprano seul (de Joan Magrane) et TANGOS UTÓPICOS pour quatuor de saxophones (de Luis Naon).
 - Quelles sont vos ambitions à l'avenir ?

Tour d'abord, continuer à profiter de la musique! 
Je veux finir mes études de 3ème cycle au CNSMDP ainsi que le master de musique de chambre avec mon quatuor. 
Ensuite, je voudrais continuer à me produire en concert et rester en contact avec différents compositeurs actuels. D'un autre côté, l'enseignement m'attire beaucoup et j'aimerais former une classe pour former des nouveaux musiciens et plus particulièrement des saxophonistes.
 
 
Zone contenant les pièces jointes

mercredi 6 avril 2016

Interview de Ludivine Moreau, élève au CNSMDP de Paris


Le festival Messiaen au Pays de la Meije a toujours voulu mettre en avant les jeunes talents, notamment en programmant chaque année des oeuvres jouées par les élèves des principaux conservatoires de France.
Pour la deuxième année consécutive, nous allons nous intéresser de plus près à ces jeunes qui participeront cet été au festival.
La première à avoir accepté de répondre à nos questions est Ludivine Moreau, du Conservatoire de Paris :




Ludivine Moreau est une flûtiste de 23 ans, actuellement en D.A.I. contemporain au CNSMD de Paris, qui a obtenu son Master au CNSMD de Lyon en Mai 2015. Son parcours franco-allemand lui fait bénéficier des conseils de grands solistes comme Philippe Bernold, Julien Beaudiment et Stéphane Réty. Sa curiosité la pousse à perfectionner ses connaissances sur la musique baroque en travaillant le traverso et  à se pencher en détail sur la musique contemporaine et la création. Elle écrit un mémoire : « Quels rapports les compositeurs américains minimalistes entretiennent-ils avec la société des Etats-Unis ? ».

Elle participe régulièrement à des concerts avec de grands orchestres comme l’Opéra de Paris, l’Orchestre de Chambre de Paris, l’Opéra de Lyon, l’ONL…

Sa passion pour la musique de chambre se concrétise avec le Duo fantasia qu’elle fonde en 2014 avec Lucie Berthomier et qui remporte un contrat avec l’AJAM pour la saison 2015-2016. Elle est lauréate de l’ADAMI et de la fondation Safran.

 Interview :


L'invitation au festival Messiaen est-elle importante pour vous, quel est votre sentiment quant à votre participation à un tel événement ?

Etre invitée au festival Messiaen est pour moi une grande chance ! Je suis très fière de jouer dans un festival si connu et si réputé : c’est un peu comme une sorte d’accomplissement personnel.

Effectuez vous des représentations en dehors du cadre scolaire, et que vous apporte cette pratique ?
J’ai de nombreux concerts en dehors du cadre scolaire : musique de chambre, orchestre… Cette pratique est très importante et surtout vitale : c’est notre métier de monter des projets et de se battre pour les créer et les voir se réaliser ! La musique de chambre est une expérience très riche qui permet de développer sa créativité et son sens du partage. Je savoure cela avec mon duo flûte et harpe créé avec Lucie Berthomier, le Duo Fantasia. L’orchestre apporte d’autres sensations, très puissantes aussi. On fait partie d’un son, d’un univers particulier : chaque membre de l’orchestre est lié aux autres par le chef et par la musique. Il y a une grande puissance qui se dégage de l’envie de partager de chaque musicien.

Quel est votre cursus, qui vous a dirigé vers l'étude de la musique contemporaine ? Et quelles sont les oeuvres qui vous ont le plus marqué ?

J’ai démarré la flûte à 6 ans dans ma ville d’origine, Toulouse, avec Véronique Csillag. Elle m’a fait démarrer avec la musique hongroise : je crois qu’elle m’a ainsi donné le goût pour la musique populaire, pour chercher d’autres choses et fouiller dans tous les répertoires. 

Ensuite j’ai fait mes études au CRR de Toulouse, un an de Licence à la Hochschule de Dresde en Allemagne avec Stéphane Réty qui est devenu mon mentor. Il m’a plongé dans la musique baroque : j’ai ainsi fait beaucoup de traverso. Puis je suis rentrée au CNSMD de Lyon, j’y ai fait ma Licence et mon Master avec Philippe Bernold et Julien Beaudiment. J’ai terminé en Mai 2015 et suis rentrée en Octobre 2015 en D.A.I. contemporain au CNMSD de Paris.
Ce cursus contemporain m’a attiré car il permet de faire de la musique de chambre contemporaine, ce qui n’est pas chose aisée dans un cursus classique : tout le monde n‘est pas partant pour se lancer dans ce langage musical… J’ai monté beaucoup de pièces contemporaines solo et des pièces flûte et piano pendant mes études. Je me régale maintenant en montant des œuvres de chambre avec des gens aussi passionnés que moi pour ce style musical.

Les deux œuvres qui m’ont le plus marqué sont « Le marteau sans maître » de Pierre Boulez et le « Requiem » de György Ligeti. Le premier pour sa complexité d’écriture qui, décortiquée, est juste incroyablement savoureuse et la seconde pour l’état dans lequel elle me met à chaque écoute : un mélange d’angoisse et de transe créé par cette texture et ces mélanges de timbres.

Quelles sont vos ambitions à l'avenir ?J’aimerais pouvoir continuer à jouer tous les styles musicaux et ne pas me cantonner à un seul : je ne veux pas perdre ma curiosité. Je voudrais faire beaucoup de projets de musique de chambre et développer des groupes à effectifs variables pour aborder différents répertoires. Travailler dans un orchestre serait merveilleux et m’apporterait beaucoup. Je souhaiterais continuer le travail de recherche, pour toujours chercher et affuter mes connaissances. J’espère continuer le plus longtemps possible mon travail avec l’IRCAM qui me permet un travail de création totale que j’adore.


Merci à Ludivine Moreau d'avoir répondu à nos questions, et retrouvez la sur la scène du festival Messiaen au Pays de la Meije le samedi 30 juillet à 17h, ainsi que lors des concerts suivants :



15 Avril à 19h30 - Création de la pièce pour flûte seule et électro acoustique de Didier - Rotella - Grande salle du Centre Pompidou
3 Mai - Concert de la classe DAI - CNSMD de Paris, 
26 Mai à 20h30 - Concert à la Mairie de St Mandé

mardi 12 janvier 2016

Hommage à Pierre Boulez

Accueillir Pierre  Boulez  du mardi  3 au  dimanche  8 août  2010 fût  un immense  honneur pour le festival  Messiaen  au Pays  de  la  Meije.
Durant  son séjour,  il  assista  aux  différents  concerts  de  ses  œuvres, supervisant  notamment  les interprétations  de  "Dialogue  de  l'ombre  double"  pour clarinette, "Anthèmes  2" pour violon solo et Incises  pour piano, le  mercredi  4 août,  à  la  salle  du Dôme  du Monêtier-les-Bains  avec  la  violoniste Hae-Sun Kang, le  clarinettiste  Jérôme  Conte  et  la  pianiste  Marie  Vermeulin.

Autre  grand moment, la  journée  d'étude  du jeudi  5 août, animée  par Claude  Samuel. Particulièrement  disponible, Pierre  Boulez  y déploya  toute  sa  verve,  ponctuant  chaque  intervention par  des  développements  lumineux sur son parcours  artistique  couvrant  50 ans  de  l'histoire  de  la musique.
Puis, après  les  concerts  du Quatuor Parisii  et  du merveilleux  pianiste  Paavali  Jumppanen,  ce  fût l'apothéose  du samedi  7 août  :  Pierre  Boulez  dirigea, dans  l'église  des  Cordeliers,  son fameux "Marteau Sans  Maître",  avec  l'Ensemble  Intercontemporain  et  la  soprano britannique  Hilary Summers. 
Un moment  inoubliable.

Gaëtan Puaud
Directeur  artistique  du festival
Messiaen au  Pays  de  la  Meije

mardi 8 décembre 2015

L'édition 2016 du Festival Messiaen au pays de la Meije

Editorial

L’importance et le nombre d’œuvres  consacrées par Messiaen au piano suffisent à démontrer qu’il est le créateur du piano contemporain.  20 pianistes vont illustrer la passion de Messiaen pour l’instrument roi.

Une intégrale de l’œuvre pour piano solo

Pour la première fois, il sera possible de s’immerger dans cet immense massif de plus de huit heures de musique et d’écouter l’intégrale de l’œuvre pour piano solo de Messiaen de La Dame de Shalott qu’il composée à l’âge de onze ans à la Fauvette Passerinette découverte récemment. Quelques grands moments : les Vingt Regards sur l’enfant Jésus par Michel Beroff, les Visions de L’Amen par Geoffroy Couteau et François-Frédéric Guy et une date à ne pas manquer : La Nuit des oiseaux de Messiaen : toutes les œuvres pour piano solo qui lui furent inspirées par les oiseaux : Vanessa Wagner, Markus Bellheim, Peter Hill et Wilhem Latchoumia : le jeudi 28 juillet

Un hommage à Yvonne Loriod : Saint François d’Assise

Le piano de Messiaen ne serait pas ce qu’il est sans son inspiratrice, Yvonne Loriod à laquelle Messiaen a dédié toute sa production pour l’instrument depuis 1943. Pour lui rendre hommage, nous avons de choisir de proposer une lecture de la formidable réduction pour piano et chant réalisée par Yvonne Loriod de Saint François d’Assise: ce sera le samedi 23 juillet.

Toutes les œuvres pour piano que Messiaen  aimait :

La créativité de Messiaen pour le piano est due à son immense culture et ses préférences très affirmées : Iberia d’Albeniz, les Préludes de Debussy, les Ballades de Chopin mais aussi Rameau, Scarlatti et des œuvres pour piano de ses élèves : Benjamin, Boulez, Murail.
Un hommage à György Kurtag pour ses 90 ans
György Kurtag fût auditeur libre dans la classe de Messiaen de 1956 à 1958. Sa musique qui cultive la mémoire, et l’hommage est aussi communication spirituelle. Nous proposerons un parcours dans son œuvre pour piano : Jatekok, dans son œuvre vocale : les fameux Kafka-Fragmente et ses œuvres pour quatuor à cordes : Douze Microludes opus 13, Officium Breve opus 28, Six Moment Musicaux opus 44.

Les créations 

Comme chaque année, le festival présentera plusieurs créations : Marco Stroppa, Jérôme Combier,
Allain Gaussin, Benjamin Attahir verront le jour lors de cette édition.

Gaëtan Puaud
Directeur artistique du festival Messiaen au pays de la Meije

lundi 20 juillet 2015

Interview d'Éva Nina Kozmus

Le Festival Messiaen a toujours voulu mettre en avant des jeunes talents, et c'est dans cette optique que sont donnés des concerts chaque année par des élèves de conservatoire.
Nous allons donc partir à la découverte de ces talents de demain à travers des interviews, et cette semaine nous nous intéressons à Eva-Nina Kozmus , élève au Conservatoire de Lyon.

Bonjour Eva-Nina, pouvez-vous vous présenter pour nos spectateurs ?

- Eva-Nina Kozmus : Enfant, je faisais du karaté en compétition pendant des années en parallèle de mes études de musique. Finalement j'ai décidé d'arrêter le karaté et me consacrer à la musique. À seize ans je suis partie de Slovénie pour réaliser mon rêve d'étudier en France et je suis rentrée au CNSM de Lyon ou je finis ma deuxième année de master en flûte traversière cet année. J'aime toutes les opportunités pour faire de la musique, que ça soit en musique de chambre, à l'orchestre ou en soliste, c'est toujours un moyen génial de communiquer avec le public! Durant mon temps libre j'aime faire de la cuisine (je ne suis pas une cuisinière géniale mais je fais des efforts !) et jouer avec mon chien Vinko qui vit chez mes parents en Slovénie.

- L'invitation au festival Messiaen est-elle importante pour vous, quel est vôtre sentiment quant à votre participation à un tel événement ?

- Eva-Nina Kozmus : Je suis très heureuse d'être invitée à nouveau de participer à un tel festival, c'est un grand honneur. Je suis très contente de pouvoir partager des moments musicaux avec le public du festival qui est toujours très positif et de jouer avec des supers musiciens.

- Effectuez-vous des représentations en dehors du cadre scolaire ?

- Eva-Nina Kozmus : Oui, je fais des concerts aussi en dehors du cadre scolaire, à l'orchestre, musique de chambre et en soliste, ce qui m'a permis de pas mal voyager et de rencontrer des musiciens extraordinaires. J'ai de la chance!

- Quel est votre cursus, qu'est-ce qui vous a dirigé vers l'étude de la musique contemporaine ?

- Eva-Nina Kozmus : Quand je suis rentrée au conservatoire je ne connaissais pas trop la musique contemporaine, on ne la pratique pas beaucoup en Slovénie... Mais en France elle fait une grande partie d'éducation musicale alors j'ai vite fait connaissance, ma première série d'orchestre au conservatoire c'était du Ligeti! En ce moment je suis en train de finir ma deuxième année de Master et elle ne m'a pas lâché depuis, j'ai découvert sa beauté.

- Vortex Temporum est une oeuvre exceptionnelle, une expérience à part dans le monde de la musique contemporaine, qu'est-ce qui vous a attiré dans l'interprétation de cette oeuvre ? De plus, connaissiez-vous cette oeuvre ? Quel est votre ressenti personnel par rapport à celle-ci ?

- Eva-Nina Kozmus : C'est Florent Boffard qui m'a proposé ce projet, je suis vraiment ravie de collaborer avec un tel artiste...Je connaissais l'œuvre avant, j'en avais entendu parler mais je l'ai jamais joué. La première rencontre avec la partition était extraordinaire d'une part pour sa difficulté mais surtout parce que c'est une musique très belle. Je trouve qu'elle trouve sa place dans l'espace et qu'elle nous amène à voyager à travers l'histoire, elle explore la nature, des danses, les sentiments...

Interview publiée le 27 mai sur Facebook.

Interview d'Olivier Robin

Le Festival Messiaen a toujours voulu mettre en avant des jeunes talents, et c'est dans cette optique que sont donnés des concerts chaque année par des élèves de conservatoire.
Nous allons donc partir à la découverte de ces talents de demain à travers des interviews, à commencer par Olivier Robin, élève au conservatoire de Lyon.

Pouvez-vous vous présenter pour nos spectateurs ?

Olivier Robin : Né dans un environnement musical, j'ai commencé à jouer du violon dès mon plus jeune âge. Cependant je n'ai jamais pensé à en faire mon métier pendant ma scolarité, c'est pourquoi j'ai débuté des études de médecine à l'université de Bourgogne après le lycée. Voulant finalement passer beaucoup plus de temps dans la musique et en faire ma vie, j'ai présenté le concours d'entrée au Conservatoire National de Lyon et étudie maintenant dans la classe de Marie Charvet. J'aime énormément partager la musique sur scène, c'est pourquoi je joue le plus possible en musique de chambre ou en orchestre.

- L'invitation au festival Messiaen Est-elle importante pour vous, quel est vôtre sentiment quant à votre participation à un tel événement ?

Olivier Robin : Je suis sincèrement touché de pouvoir participer au festival et suis également curieux de le découvrir. Je ne connais pas bien le monde de la musique contemporaine mais je suis content de mettre enfin les "pieds dedans"!

- Effectuez vous des représentations en dehors du cadre scolaire ?

Olivier Robin : Je joue autant que possible en dehors du cadre scolaire. Il faut s'habituer à jouer dans des salles qu'on ne connait pas et devant un public nouveau. C'est ce qui nous attend à la sortie des études.

- Quel est votre cursus, est qu'est-ce qui vous a dirigé vers l'étude de la musique contemporaine ?

Olivier Robin : Mon cursus musical est resté plutôt "classique" (au deux sens du terme), parsemé parfois de pièces contemporaines, pour les examens ou concours notamment. Quand on m'a proposé de jouer Vortex Temporum, je me suis dit que ce serait l'occasion d'aller plus loin dans l'univers de cette musique.

- Vortex Temporum est une oeuvre exceptionnelle, une expérience à part dans le monde de la musique contemporaine, qu'est-ce qui vous a attiré dans l'interprétation de cette oeuvre ? De plus, connaissiez vous cette oeuvre ? Quel est votre ressenti personnel par rapport à celle-ci ?

Olivier Robin : Avant d'accepter de jouer, j'ai quand même écouté l’œuvre car je ne la connaissais pas. Dès la première écoute j'ai été bluffé, je me sentais dans un autre monde. C'est une musique hors du temps et hors de l'espace qui marque et qui ne s'oublie pas. Sans être spécialiste de Grisey et de musique contemporaine j'ai compris que c'était un chef d’œuvre. J'ai donc tout de suite accepté le défi!

Interview publiée le 19 mai 2015 sur Facebook